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Discours de déclaration de candidature de Michel PETIT à la présidence du Conseil départemental du Pas-de-Calais

Mesdames, Messieurs les conseillers départementaux,

Chers collègues,

Dimanche dernier les habitants du Pas-de-Calais ont choisi leurs représentants pour siéger au sein du Conseil départemental. Du résultat de ces élections nous pouvons tirer un message fort et urgent : répondre concrètement aux attentes prioritaires de la population.

Cette analyse, chers collègues, vous ne pouvez l’ignorer. Les habitants du Pas-de-Calais attendent de nous que nous puissions répondre aux inégalités grandissantes et cela en exerçant notre mandat en toute transparence et avec exemplarité.

Pour ce faire, l’assemblée départementale a été profondément modifiée. Elle s’est féminisée, rajeunie et les forces en présence ont évoluées : 34 élus du Parti Socialiste, 26 élus de l’Union de la droite, du centre et des indépendants, 12 élus du Front National, 4 élus du Front de Gauche et 2 élus divers gauche non soutenus par la majorité départementale.

Les habitants du département se sont prononcés et plus rien ne sera jamais comme avant dans le Pas-de-Calais. Le message des urnes doit être entendu et respecté.

Sur 78 élus, seuls 34 ont été soutenus par la majorité départementale dès le premier tour. D’une manière ou d’une autre, la population a majoritairement rejeté la politique et le bilan défendu par la majorité départementale. Il est nécessaire d’en prendre conscience et d’en tirer les enseignements.

Au cours de la campagne, ni les élus dissidents, ni le Front de Gauche n’a été tendre avec le bilan socialiste. Mais force est de constater qu’après les négociations de troisième tour et la distribution de vice-présidence, une courte majorité se dégage en faveur des forces de gauche.

Hier le Parti Socialiste et les communistes dominaient le département avec 64 élus. Le groupe d’opposition Union Action 62 se composait de 13 membres. Nous n’étions jamais écoutés mais toujours méprisés, nous et les électeurs que nous représentions. Nous avions un président de parti à la tête du département mais pas de président du Conseil Général.

Aujourd’hui, le Parti Socialiste, le Front de gauche et un binôme dissident du Parti Socialiste composent une majorité de 40 élus. Le groupe d’opposition de la Droite, du Centre et des Indépendants double ses effectifs pour les porter à 26 et représente 461 000 habitants et 516 communes. Un nouveau groupe d’opposition avec des valeurs radicalement opposées aux nôtres s’est constitué autour de 12 élus.

Le peuple à parler et nous avons tous un point commun, nous sommes élus pour représenter notre canton et leurs habitants. Nous avons la légitimité des urnes.

Ces résultats sont un signal fort et vous devez en prendre conscience. Vous devez remettre à plat les politiques départementales, prioriser l’action du Département et changer de gouvernance.

Il est urgent de recentrer l’action du Département sur tous les habitants du Pas-de-Calais.

A la colère de la population, il faut cesser de se cacher derrière des responsabilités nationales et engager des actions concrètes. Nous sommes élus pour décider, vous devez rendre le département transparent et exemplaire. Nous n’avons pas attendu les élections pour le dire au sein de cette assemblée. Nous n’arrêterons pas de le réclamer et nous le réclamerons encore plus fort à 26.

Chers collègues, nous avons demandé au Président en exercice jusqu’à aujourd’hui de vous faire part de 3 propositions :

  • Nous proposons de passer de 15 VP à 10 afin de garantir l’efficacité du nouveau conseil départemental. Certaines Vice-présidences n’étaient pas justifiées, d’autres aboutissaient à un cloisonnement préjudiciable des politiques départementales. Cette réduction du nombre de VP permettra également d’optimiser les Ressources Humaines qui sont mises à leur disposition.
  • Comme nous l’avions déjà demandé par la voix de Jean-Marie LUBRET, nous proposons également de baisser l’indemnité de tous les élus de 10%, non pas par démagogie mais parce qu’il sera nécessaire au cours du mandat de réduire les dépenses de fonctionnement. Il paraît symbolique d’imposer les mêmes règles aux élus et de montrer l’exemple.
  • Nous proposons également que la commission permanente soit composée de 39 membres afin que chaque canton puisse être représenté et ainsi respecter une démocratie ascendante des cantons vers Arras. La composition actuelle fixée à 37 ne repose sur aucune logique particulière et 2 chargés de mission siègent à titre consultatif. Dans un souci de clarification, de représentativité territoriale et en défendant les valeurs fondatrices de la territorialisation, nous ne pouvons concevoir de sacrifier la représentation de 2 cantons peu importe leur couleur politique.

Chers collègues, vous aurez à vous positionner sur notre proposition lors du prochain point à l’ordre du jour conformément à notre demande. Nous comptons sur tous les élus pour soutenir cette proposition en conformité avec le vote des citoyens. Nous savons tous que les institutions doivent être plus proches du citoyen et plus lisibles. Alors que le redécoupage électoral a porté un coup à la proximité du conseiller départemental, nous pouvons aujourd’hui en tirer parti pour assurer la représentation de tous les citoyens au sein de la commission permanente.

Qui peut s’opposer ? La majorité départementale qui dit vouloir mettre le citoyen au cœur de la territorialisation ? Le Front de gauche qui milite et s’est fait élire sur la démocratie participative et le référendum populaire ? Les dissidents socialistes qui se sont fait élire sur le rejet des appareils politiques ? Le Front national qui défend également le recours au référendum et la proportionnelle ?

Le Conseil départemental ne pourra pas fonctionner comme le Conseil général et c’est pourquoi nous appelons de nos vœux l’élection d’un président du Conseil départemental qui ne représente pas son parti mais tous les cantons.

Nous demandons du respect, de tenir compte de nos propositions, de nos amendements, d’un échange fructueux et favorable aux habitants. Bref, nous demandons de rompre avec le mépris d’hier.

Notre groupe s’est constitué autour d’un projet alternatif qui a été présenté aux électeurs. S’il regroupe des élus de la droite et du centre, il est principalement composé d’hommes et de femmes indépendants attachés à défendre leur canton et des propositions pragmatiques pour le Pas-de-Calais. Nous ne sommes pas un groupe de politique politicienne… Nous voulons être un groupe Politique avec un grand P et redonner du sens et des valeurs à ce mot. C’est-à-dire faire de la politique avec du cœur et du bon sens, laisser les querelles parisiennes à Paris et mettre les habitants du Pas-de-Calais au cœur de son action.

Mes chers collègues, plus rien ne sera jamais comme avant,

Le pluralisme politique s’impose à nous, nous le constatons physiquement aujourd’hui… Nous ne voulons pas d’un Président qui écoute d’une oreille et marche sur un pied. Nous voulons travailler ensemble pour le Pas-de-Calais.

Je vous remercie.

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